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« Avant toi » de Jojo Moyes

Parce qu’il est des livres qui vous changent à jamais, j’ai décidé de vous faire part de ces lectures qui m’ont bouleversée.

Commençons donc par la plus récente, et pas des moindres, Avant toi de Jojo Moyes.

Qui n’a pas encore entendu parler de ce bestseller qui décroche tous les cœurs sur son passage ? J’ai fort à parier que vous aussi, comme des millions de lecteurs, vous avez déjà vu cette couverture :

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D’ordinaire, les bestsellers me font fuir, souvent trop médiatisés en rapport avec leur qualité, faisant de  l’ombre à de jeunes auteurs plus talentueux dont on ne parle pas. Mais là, dès que j’ai lu le 4ème de couverture, j’ai voulu en savoir plus.

Et je ne l’ai pas regretté ! On devient vite accro aux facéties de Lou, au cynisme de Will, aux manières de Madame Traynor, à la famille aussi atypique que sincère de Lou, bref, à tous ces personnages hauts en couleurs et tellement attachants.

Avant toi m’a fait rire, pleurer, aimer. On passe d’une émotion à l’autre à une vitesse déconcertante. Jojo Moyes ne survole rien, tout est fluide, bien que détaillé et recherché.

Elle aborde ici un thème très lourd : le droit de mourir, le droit à la dignité. Et quel talent que de parvenir à le faire avec autant de légèreté, de fraîcheur et de respect !

J’en suis ressortie grandie. Certes, nostalgique, mais avec l’étrange impression que la vie ne fait que commencer. Un simple livre peut dévoiler une nuée de pensées positives et d’espoirs pour l’avenir.

Cette histoire là, elle vous prend aux tripes, elle vous emporte avec elle, et vous na voudrait pas descendre du bateau avant la fin. Tout compte fait, même à la fin, non, vous voudrez rester.

♥ ♥ ♥ ♥

Extrait :

« Nous sommes restés là un instant, chacun d’un côté de la table. Will s’est avancé dans la cuisine, puis a surélevé son siège pour que nos yeux soient à la même hauteur.

— D’accord, ai-je dit. Qu’est-ce que vous faisiez alors, après le travail ? Qu’est-ce qui était si précieux ?

— Après le travail, il ne me restait plus beaucoup de temps, mais chaque jour j’essayais de faire quelque chose. Il m’arrivait de faire de l’escalade dans une salle ou du squash. J’allais à des concerts, et je testais de nouveaux restaurants…

— C’est facile de multiplier les activités quand on a l’argent pour.

— Et j’allais courir aussi. Oui, parfaitement, a-t-il précisé en me voyant hausser un sourcil. Et je m’efforçais d’apprendre de nouvelles langues en songeant aux pays que j’aimerais visiter un jour. Et j’allais voir mes amis – ou des gens que je pensais être mes amis…, a-t-il ajouté en marquant une brève hésitation. Et j’organisais mes voyages. Je cherchais des endroits où je n’avais pas encore été, des choses qui m’effraieraient, qui m’obligeraient à repousser mes limites. Une fois, j’ai traversé la Manche à la nage. J’ai fait du parapente. J’ai gravi des montagnes, que j’ai descendues à ski. Oui…, a-t-il dit en voyant que j’allais l’interrompre. Je sais, certaines de ces activités nécessitent de l’argent. Mais pas toutes, loin de là. Et d’abord, d’après vous, comment est-ce que je gagnais ma vie ?

— En arnaquant les gens à la City ?

— J’ai réfléchi à ce qui me rendrait heureux, puis j’ai réfléchi à ce que je voulais faire dans l’existence, et je me suis formé au métier qui me permettrait de concilier ces deux aspects.

— Ça a l’air si simple quand vous le racontez comme ça.

— Mais c’est simple. Le truc, c’est qu’il faut énormément travailler. Et souvent les gens n’en ont pas envie.

J’avais fini d’éplucher les pommes de terre. J’ai jeté les pelures à la poubelle, puis j’ai posé une poêle sur la cuisinière pour plus tard. Je me suis retournée et j’ai pris appui sur la table pour m’asseoir dessus en face de lui, les jambes dans le vide.

— Vous aviez une sacrée vie, n’est-ce pas ?

— Ouais. (Il a avancé son fauteuil et encore rehaussé le siège pour que nos yeux restent à la même hauteur.) Et c’est pour ça que vous me gonflez, Clark. Quand je vois tout ce talent, toute cette…, a-t-il dit en haussant les épaules, sa phrase restée en suspens. Cette énergie et cette vivacité, ce…

— Ne dites pas « potentiel »…

— … potentiel. Parfaitement. Ce potentiel. Et je ne parviens pas à comprendre comment vous pouvez vous contenter de cette vie minuscule. Cette vie qui va se dérouler dans un rayon de dix kilomètres, sans personne pour vous surprendre, vous pousser à aller de l’avant, vous montrer des choses qui vous mettent la tête à l’envers et vous empêchent de dormir la nuit.

— C’est votre manière de me suggérer que je devrais faire quelque chose de bien plus intéressant que de vous éplucher des patates.

— Je suis en train de vous expliquer qu’il y a un monde à découvrir. Mais que je vous serais infiniment reconnaissant de me préparer d’abord quelques pommes de terre.

Il m’a souri et je n’ai pas pu faire autrement que de lui rendre son sourire. »

 

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6 thoughts on “« Avant toi » de Jojo Moyes”

  1. Tout à fait d’accord avec toi ! Je ne lis pas de romance d’habitude, là j’ai craqué sans trop savoir pourquoi et finalement j’ai été totalement emportée 🙂 On sent les trucs scénaristiques, c’est pas très subtil dans la construction, mais les personnages sont vraiment bien écrits et le sujet donne de la profondeur à l’histoire, ça en fait un cocktail très réussi 🙂

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